A vélo jusqu'à la mer 3

Publié le par Muse Hique

 

 

7h30, le réveil sonne. En peu de temps, nous plions toutes nos affaires pour éviter de nous faire malencontreusement repérer alors que notre nuit est fini. Nous déjeunons à peu près aussi rapidement, mais cette fois-ci à cause des moustiques qui ont décidé qu'ils ne nous laisseraient pas tranquille avant d'être eux-mêmes ou rassasiés, ou mort ! (Niark).

Et nous voilà repartis !

30-P52605062Nous commençons évidemment par nous perdre, nous avions la veille longé trop longtemps le lac, sans nous rendre compte que la piste cyclable bifurquais à droite au milieu d'un des camping. Mais bon, c'est pas grave, il n'est que 9h du matin et on n'a pas encore trop pédallé. Alors on remonte un peu la route et nous revoilà sur le bon chemin. Ce que nous ne savions pas, c'est que c'était seulement une mise en jambe.

Avant de nous lancer plus avant dans la description de nos péripéties, voici une photo qui nous a fait rire. Kreuzberg est un quartier de Berlin (pour ceux qui n'auraient pas compris). On ne se doutait pas être perdus à ce point !

Bref, la route se poursuit. Le long des chemins et le long des lacs (ce qui revient au même au final), nous croisons bon nombre de campeur que le bord du lac attire plus que le camping. Certains ont installé leur tente et auvent contre une table de pique-nique de sorte que l'installation est vraiment confortable. Il n'y a que quelques mètres à faire pour se jetter à l'eau ... pendant que nous les doublons, en sueur ! Après cette expérience, j'en déduis :

1- les allemands ne craignent pas le froid (c'est pas encore tout à fait l'été, et même s'il faisait chaud, 22°C dehors, pour se baigner, brrr)

2- les allemands ne craignent pas les moustiques (camper à côté d'un lac, ils sont fous ses allemands !)

31-P52700822Bientôt nous quittons les lacs pour retrouver des champs immenses. Et entre temps, nous nous perdons. Ben oui, parce qu'en fait, on était censés rouler une bonne dizaine de kilomètres au milieu de la forêt quand soudainement : plus d''arbres. Une clairière immense nous faisait face. Et à notre gauche : un lac. On sort donc la carte, et on comprend enfin pourquoi ça fait une demi-heure qu'on roule dans du sable alors qu'on est censé être sur un bon chemin ...

C'est fatigant de rouler dans le sable !

Bref, demi-tour, parce que j'ai acheté une carte format économique, c'est à dire sur laquelle on peut suivre l'itinéraire prévu, mais que si on s'éloigne de deux kilomètres, on n'est plus sur la carte, et pour se retrouver ... Misère !

On fini quand même par retrouver la route, il est près de 11h, et nous devons manger un peu avant Krakow am See (d'après mes pronostiques). D'après la carte, il reste une vingtaine de kilomètres, et d'après les panneaux seulement la moitié. C'est au carrefour suivant que nous comprenons le schmilblick : les panneaux indiquent le chemin le plus court ... et notre carte, le plus joli. Soit au lieu de longer le lac par le côté court à gauche, nous contournons le lac, plus un autre lac, plus encore un autre lac, par la droite. Ce qui revient donc à faire deux fois plus de kilomètres. Ce qui explique que nous ayons fait dans l'ensemble quelques 330kms à partir d'Oranienburg, alors que Google Maps n'en indiquent que 220 à pieds et à partir de Berlin. (Pour tout ceux qui sont allés jetés un coup d'oeil sur Internet en se disant "notre demoiselle, faire plus de 300kms à vélo, la bonne blague !").

32-P52700932A Krakow am See, nous pique-niquons et subrepticement, entre le sandwich au fromage et ... je m'endors. A mon réveil, tout est rangé et mon compagnon de route a disparut. Petite minute de panique jusqu'à ce que je me rende compte que son vélo est toujours là et qu'il est juste allé bien moralement remplir toutes les bouteilles d'eau pendant que je roupille.

Après avoir tenté de jouer avec le parcours aquatique (dont la pompe était malheureusement cassée) en photo, nous repartons. Prochaine étape Güstrow.

33-P52701022A côté du chateau, nous sortons notre gouté (qui veut un petit bout de bloc de gâteaux secs au chocolat fondu bien compact ?). Il nous reste 50 kilomètres jusqu'à Rostock et il est à peu près 16h. "Une demi-journée de route" comme dirait mon compagnon de route. On se dit que cette fois-ci, on va atteindre les 100kms dans la journée, et donc on se dit qu'on va pédaler encore une vingtaine de kilomètres avant de camper. Ce qui nous fera 30 kilomètres le dernier jour "une demi-journée de route" comme dit à nouveau mon compagnon de route. Comme on a le temps, nous décidons de faire un tour dans Güstrow avant de repartir.

C'est une jolie petite ville, une fois de plus marquée par l'histoire contemporaine, mais je ne suis pas d'humeur à en expliquer plus que ça aujourd'hui. Dites-vous seulement que chaque lieu de cette partie de l'Allemagne a connu les camps de concentration et la déportation vers Auschwitz, que chaque habitant a un membre de sa famille minimum impliqué entièrement dans cette histoire, quelque soit le côté, que chacun connait quelque chose de terrible et que beaucoup n'en parlent pas mais ne peuvent oublier.

Nous repartons. Quelques kilomètres plus loin, au kilomètre 97 de notre journée, nous croisons un magnifique champ à l'herbe fraichement coupée. mais non, ce n'est pas possible, nous ne pouvons nous arrêter au kilomètre 97 !! Nous continuons. Erreur ! Les 30 prochain kilomètres s'avèrent être peuplés de champs de blés, de champs d'asperges et de forêt absolument incampable !

Alors, finalement, nous nous arrêtons au kilomètre 106 de notre journée, au pied d'une éolienne, au milieu d'un champ d'asperge.

38-P52806132Et voilà la recette magique pour attraper trois tics en une nuit !

Fin de notre troisième jour !

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