Ballade à vélo 2ème édition
Il y a deux semaines (voire peut-être un peu plus), alors en pleine rédaction de mon Hausarbeit, je décidai de repartir à vélo. En effet, j'avais travaillé tout le matin, me préssurant le cerveau mais n'obtenant désespéremment que demi-pages après demi-pages, difficilement, un texte bourré de fautes de grammaire ; et les enfants avaient pris possession du bureau (où la connexion internet est suffisemment efficace pour que je ne déclenche pas une troisième guerre mondial à force d'agacement) en s'étant installé devant la Wi, rendant toute tentative de concentration vouée à l'échec.
Alors voilà. Je décidais de changer de point du vue, et de faire un tour plus à l'est de Berlin. C'est à dire en terrain découvert (enfin, non couvert pas ma carte : découvert quoi). Même pas peur. Je prends la carte à vélo de la famille, je monte dans le S-Bahn en direction de Erkner, et descend un arrêt trop tôt. Je me perds (évidemment), ne trouve pas la piste cyclable que je veux emprunter (la fameuse R1 dont vous entendrez à novueau parler dans quelques jours), mais finis quand même par atteindre la Muggelsee (si vous connaissez Harry Potter, on pourrait traduire ça en français par "lac des moldus", je trouve ça amusant), 1ère étape attendue de mon après-midi.
Le Muggelsee est en fait un lac formé a un endroit encore plus plat qu'ailleurs, et où la Spree s'est considérablement élargie en raison de la faible pente (et je suppose aussi de la présence d'un creux stoppant l'eau, mais je n'ai pas vérifié). Sur ma carte, il est écrit qu'une piste cyclable longe le lac par la droite : c'est à dire que je dois traverser la Spree à l'endroit où le lac commence à se former et où le passage est le plus étroit. Mais arrivé au lac, il n'y a pas de pont, pas de bateau, pas de passage aérien et Moïse n'est pas au RDV, alors je fais demi-tour. Soudain, surgit de nul part et les cheveux au vent, un cycliste en complet-trois-pièces de parfait cycliste me double en trombe. En l'espace d'une seconde, je me dis que celui-là n'est pas venu faire une petite ballade digestive débouchant sur une longue contemplation de la Spree assis sur un banc le long de la barrière, j'enfourche à nouveau mon vélo et m'élance à sa poursuite. Le cycliste effrené freine brusquement, empoigne son vélo et s'engouffre dans l'ouverture d'un passage sous-terrain que je n'avais pas vu. Ben oui, évidemment, si on veut pas dénaturer la beauté tranquille d'un lac, et ben on passe au-dessous ! Man !
Une fois de l'autre côté, je rejoins enfin la piste cyclable R1, qui s'avère être très confortable, et je range mon plan. Une chose me suprends et ce ne sera pas la dernière fois que je le verrais, dans la forêt, entre les arbres, des nappes d'eau. Comme un marais, mais dans une forêt. Si quelqu'un peu m'expliquer ce phénomène ... (Cf. : la photo d'avant).
La ballade continue, tranquille, rien à signaler, sinon que les allemands savent vraiment bien aménager les pistes cyclables et que je connais certains endroits, certaines villes qui devraient en prendre de la graine.Une réflexion que je me suis faite à propos de Berlin pendant cette ballade est la suivante. La ville est tellement grande qu'il n'y a pas un centre-ville, mais des centres-villes. Cela vient problablement du fait que Berlin a peu à peu absorbé toutes les petites villes alentours. Donc on sort de Mitte, on s'éloigne, les rues deviennent plus calmes, moins commerçantes, un peu plus résidentielles, et puis d'une coup, on se rend compte que le vie revient et on attérit dans un ensemble de rues où les cafés succèdent aux bars et magasins en tout genre. Ce qui rend deux choses impossibles : connaître Berlin et sortir de Berlin. Il n'y a pas non plus une réalité berlinoise. Vivre à Berlin ne veut rien dire. On peut vivre à la campagne et vivre quand même à Berlin. Wansee par exemple est plus un village qu'une ville : avec des petites rues, une ligne de S-Bahn qui conduit au centre de Berlin, mais essentiellement desservie par des lignes de bus, très peu d'immeubles mais des maisons particulière, voire des maisonnettes avec jardin, ...
Et puis bon, finalement, au bout d'une heure et quart/et demi de vélo, je finis quand même par sortir de Berlin et par arriver à Erkner. Pas de changement brusque. Après le pont, je suis toujours dans Berlin, je rejoins la route, c'est toujours Berlin et puis au milieu de cette même rue, c'est Erkner. Les maisons autour du lac sont relativement jolie, et parfois surpenante. Attention, c'est toujours Berlin.
Et oui ... L'inscrption en haut, c'est "Burgfrieden" le chateau fort de la paix ...
Quand je dis pas d'unité !
Erkner, c'est moche. Enfin du moins, le Erkner traversé par la piste cyclable. La route est bordée de centre commerciaux genre moche, d'immeuble genre moche, on traverse l'auto-route et c'est ... pas terrible. Bref, vous l'aurez compris, c'est pas l'endroti préféré de ma ballade. Et puis surtout, finalement, bien qu'il n'y ai pas de rupture avec Berlin, ça tranche quand même avec l'ambiance au bord du lac...
Mais Erkner, c'est pas immense non plus, et j'en sors vite, continuant à longer rivières et lacs pendant un bon moment. La piste cyclable est aménagée le long de la route, toute bien pavée ou goudronnée, enfin très agréable à parcourir, sans se soucier des voitures qui passent à côté, sur la route.Me voici donc dans Brandenbourg. Le Land autour de Berlin, land réputé pour être particulièrement inintéressant et morne (à cause de la présence de Berlin juste à côté qui aspire la vie industrielle, culturelle et scientifique). Un chanteur, Rainald Grebe, chante merveilleusement "je me sens mal et déprimé, je me sens aussi vide ... que Brandenbourg". Pour les germanistes : link (il est un peu taré, dans le genre chanteur comique de cabaret, il chante avec des plumes sur la tête, je ne sais pas pourquoi). Brandenbourg c'est l'Allemagne de l'est. Une Allemagne qui pâtie de Berlin, et qui n'a pas bénéficié de tout l'argent investit dans la capitale/interface où l'est et l'ouest voulaient donner l'image la plus opulente possible de soi à l'autre. La réalité de Brandenbourg se rapproche beaucoup de celle de la Pologne. Mais en plus propre : le Land bénéficie quand même des organisations nationales allemandes, comme le ramassage des déchets, institution qui est loin d'être présente partout en Pologne.
Au bout de quelques kilomètres, je biffurque à gauche, quittant la R1 pour rejoindre Strausberg et le S-Bahn. Pour tout vous dire, j'ai l'habitude des cartes au 25 000ème pour partir me ballader. Pas tellement de celles au 150 000ème. Alors du coup, ben mon évaluation des distances a été un peu biaisée !
Une fois la R1 derrière moi, la piste cyclable a un peu changé d'allure, n'étant plus présente en continue. Mais le balisage pour vélo restait quand même admirable. (Je n'ai presque pas eu besoin de sortir mon plan)(enfin oui, presque).
Et voilà l'entrée de Strausberg. Quand je vous dis que quand on est habitué à la laïcité française on est surpris ailleurs : sur ce panneau, pour vous traduire :
"Eglise évangélique Saint Marien : service religieux - dimanche 10h30
Eglise catholique Saint joseph : messe sainte - dimanche 8h30
Eglise du nouvel apostolat : service religieux - dimanche 9h30"
Bon, ben là, c'était lundi 16h23, et je voulais rentrer me remettre au travail.
EPILOGUE
J'ai terminé d'écrire mon Hausarbeit sur la musique et la danse folk française le mercredi soir, fais corriger le vendredi, fini les corrections en rentrant de la répétition de la passion pour pouvoir rendre mon travail à temps le 31 mars avant la répétition de la passion. Tout ça pour me rendre compte que le 31 mars était un samedi, que le samedi, le secrétariat est fermé et que je n'avais plus qu'à revenir le lundi.