Dresden
Bon, ben je ne pourrais pas y couper. Je dois écrire un article. Je voulais seulement commenter les photos de l'album, mais mes commentaires sont trop longs. Alors nous voilà reparti dans un récit de voyage.
Dimanche 25 mars, 5 heure du matin, le réveil sonne. Il est temps de se lever pour aller rejoindre mes trois camarades d'aventure à la gare de Lichtenberg. Il est encore tôt, je pars à vélo (cela aura sa petite importance). Une fois de plus, nous utilisons le ticket bon weekend de la Deutsch Bahn, qui est décidément une belle invention. Il nous permit de rejoindre Dresden (en 3 heures, certes, on ne pouvait utiliser que les transports régionaux) dans un de ces trains qui montent la gamme au démarrage. Avis à ceux qui passeront à Berlin. Arrêtez-vous un moment dans une gare. Attendez un train régional puis tendez l'oreille jusqu'à ce qu'il soit reparti ...
Dresden est la préfecture de la Saxe. C'est le Land situé dans l'angle entre la Pologne et la République Tchèque, tout à l'est, au sud de Brandenbourg. La ville est entre deux et trois fois plus petite que Berlin et encore moins densément peuplée. C'est-à-dire que Berlin compte 3.924,42 hab/km2 et Dresden 1.594 contre 10.023 à Lyon ou 21.196 à Paris (données Wikipedia).
Bien que la ville soit plus proche de la République Tchèque que de la Pologne, tous les noms sont traduits en polonais (et non en tchèque). Certainement parce que la Pologne ayant été annexée à l'Allemagne à de nombreuses reprises, elle garde plus de liens avec les germains !
Une chose que je voudrais dire : je ne voulais pas faire d'article, parce que j'ai l'impression de me répéter (peut-être le problème de ne visiter que des villes d'Allemagne de l'est) ! Et oui, à nouveau les thèmes seront : le communisme et la seconde guerre mondiale et suite ! Misère.
Bon alors, à la sortie de la gare, surprise.La ville a été détruite au tier pendant la seconde guerre mondial, puis lentement reconstruite pendant l'ère communiste, et achevée (enfin, si on peut parler d'achèvement quand des grues continuent à se pendre aux nuages un peu partout) seulement après la chute du mur. Certains bâtiments (et pas des moindre) ont été achevés il y a à peine 8-10 ans. Et donc, à la sortie de la gare, une avenue piétonne bordée d'immeubles et de centres commerciaux a été construite. C'est très surprenant. De grands bâtiments cubiques avec des grandes fenêtres, très modernes (mais qu'en fait, j'ai l'impression qu'on ne trouve qu'à l'est, là où il y a eu de la place libérée suffisemment longtemps par les bombardements et le communisme pour que soit proposés des projets très contemporains). Vous remarquerez la deuxième photo : oui, oui, des restes d'art communiste.
Tadam. Après Ampelmann, Ampelfrau ! Je ne sais pas si ça date véritablement de l'ère communiste et de leur volonté pédagogique, ou si ça date de l'ère capitaliste et de la volonté touristique ...
Toujours est-il que nous sommes arrivés devant la Frauenkirche, la traitresse qui m'a condamnée à écrire un article de plus (au lieu d'aller préparer le repas de ce soir quand tout le monde est malade dans l'appart !).En 1945, l'église a été détruite. Mais pas directement par les bombardements : en fait, les bombardements ont provoqué un réchauffement de l'atmosphère autour de l'église, et avec cette forte chaleur, les caves ont pris feu. Les communistes n'étaient, à votre grande surprise, pas tellement des enthousiastes de la religion. Et si la guerre c'était plus ou moins chargée d'en détruire ses symboles, tant mieux. Il a donc fallut attendre même jusque quelques années après la chute du mur pour que la question de ce qu'on ferait de ces ruine se pose. Il faut être conscient que ce monument, ce chef d'oeuvre de l'art baroque construit initiallement en 1743 était à Dresden ce qu'est la cathédrale Notre-Dame à Paris.
En 1994, les travaux débutent. Des ruines, on a retiré les pierres encore utilisablent, les statues et toutes les pièces encore en état. Tout ceci a été soigneusement numéroté et classé, puis réutilisé, c'est-à-dire repositionné à la même place qu'avant dans l'église. Ce bâtiment a été reconstruit à l'identique grâce à des recherches précises, des fonds internationaux et quelques passionnés qui ont lancé le projet, dont un musicien, Ludwig Güttler (je le cite parce qu'il est musicien, mais si quelqu'un a des informations supplémentaires ...). Vous comprennez maintenant la couleur des pierres.
En cherchant un peu des informations sur cette église, je me suis mise à penser que l'église avait été en majeur partie reconstruite avec des pierres originales. Mais quand on regarde la couleur du bâtiment, on comprend qu'une très grosse partie de la matière première a été entièrement remplacée.
Notre journée s'est poursuivie dans la bonne humeur et les paris idiots, sous un beau soleil venteux qui nous a tous rougi le nez, les joues et les oreilles. Dresden est une très jolie ville, qui ressemble parfois un peu à une ville de poupée, dans un style approchant de ce qu'on peut trouver dans la vieille ville de Varsovie. Mais je vous laisse découvrir les photos de l'album.
Ceci est une boutique de savon au lait : "Pfunds Milch-Seife". Il s'est avéré qu'ils vendaient bien plus que du savon au lait, mais l'intérieur vaut véritablement le coup d'oeil. La boutique est intégralement recouverte de faïences colorées, et c'est vraiment magnifique. Dommage qu'on n'ait pas le droit d'y prendre de photos.
Et voilà. Après avoir bien marché, s'être arrêté dans un certain nombre de cafés et bars (c'est ça de se ballader avec trois allemands dont un passionné de café/cafés) et avoir bien discuté, nous sommes repartis en destination de Berlin. Et c'est là que le fait que je sois venue à vélo à la gare le matin prend toute son importance. En fait, la gare de Lichtenberg est à 2 kms de chez moi, autant dire que ça ne vaut vraiment pas le coup de prendre le S-Bahn. On est deux à s'être fait cette réflexion (quoique l'autre habitait plutôt à 6/7 kms). Sauf que le train du retour ne nous ramenait pas à Lichtenberg, mais à Hauptbahnhof. Pas tellement dans le même coin. C'est comme ça qu'on se retrouve bêtement à minuit à traverser Berlin pour aller récupérer son vélo dont on aura besoin le lendemain matin !